Pierre-Henri TAVOILLOT

Philosophe, Maître de Conférences à la Sorbonne et Président du Collège de Philosophie

Face à l’IA : sommes-nous irremplaçables ?

Le surgissement de l’IA nous oblige à poser cette question d’une profondeur inouïe : sommes-nous (et si oui : quand et où) irremplaçables ?

  • On peut distinguer l’IA faible qui se contente de simuler ou de mimer l’Intelligence Humaine et l’IA forte qui serait en outre dotée de deux éléments de l’Intelligence humaine ou animale : la conscience de soi et les émotions.
  • Le passage à une IA forte poserait un redoutable problème, car elle aurait tous les attributs de l’humain, mais avec une puissance de calcul démultipliée.
  • On peut donc penser, en vertu de la loi de l’évolution, que cette IA n’aurait plus rien à faire avec l’IH. Dans le meilleur des cas, elle la laisserait dépérir ; dans le pire, elle ferait tout pour la détruire.

Cette IA forte est-elle possible ?

  • La puissance de calcul produit des phénomènes d’émergence ; à partir d’un certain seuil, le quantitatif produit des changements de qualitatif. Ce seuil critique est ce qu’on appelle : la singularité.
  • Il y a un certain nombre d’arguments philosophiques et épistémologiques qui permettent de douter de cette possibilité d’une IA forte, mais les effets d’une IA faible de niveau 3 suffisent à nous faire prendre l’affaire très au sérieux.
  1. Conséquences sur l’éducation et la formation : que faudra-t-il apprendre à l’âge de l’IA ?
  2. Conséquences sur le travail : quel type de fonction ne sera pas automatisable ?
  3. Conséquences politiques : comment prendre des décisions collectives à l’âge de l’IA ?

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